Les Villages Blancs de Cadix : Route par les Plus Beaux

Cádiz Por Equipo Turismo Andalucía
Vejer de la Frontera, l'un des plus beaux villages blancs de Cadix

La route des villages blancs de Cadix est l’un de ces voyages que vous n’avez pas besoin de vendre à qui que ce soit. Il suffit de montrer une photo de Vejer perché sur sa colline, ou de Setenil avec ses maisons littéralement encastrées sous la roche, pour que n’importe qui comprenne pourquoi cela en vaut la peine.

Les villages blancs ne sont pas une invention touristique. La chaux, dont on blanchit les façades jusqu’à leur donner un blanc éblouissant, est utilisée dans la région depuis des siècles pour des raisons pratiques : elle réfléchit la chaleur, désinfecte et était bon marché. Ce qui a commencé comme une architecture de nécessité est devenu l’une des images les plus reconnaissables de l’Andalousie.

Voici un itinéraire conçu pour se faire en voiture sur trois ou quatre jours, en dormant dans les villages eux-mêmes. L’ordre n’est pas obligatoire, mais il est pensé pour ne pas faire trop de détours.

Jour 1 : Arcos de la Frontera

Arcos est la porte d’entrée de la route. Le village se penche sur le río Guadalete depuis un rocher de calcaire qui l’enserre sur trois côtés. Se garer dans le centre historique est un cauchemar —les rues sont étroites, pentues et dans beaucoup d’entre elles une voiture moderne ne passe pas— donc le mieux est de laisser le véhicule dans la partie basse (la zone de la Corredera et les alentours) et de monter à pied.

Le mirador de la Peña Nueva donne sur une falaise verticale de cent mètres. En bas, on voit la plaine du Guadalete, parsemée de cortijos et d’orangeries. De l’autre côté du village se trouve le mirador de Abades, moins connu et avec des vues sur le barrage d’Arcos. Si vous devez en choisir un, la Peña Nueva est plus spectaculaire.

La Basilique de Santa María de la Asunción est gothique-mudéjar avec une façade plateresque qui semble sortie d’une cité universitaire castillane, et non d’une petite ville de la sierra andalouse. Elle fut construite sur une mosquée almohade —comme presque tout dans cette région— et le clocher conserve des éléments de ce minaret original.

Pour manger, la Venta Asador est un classique de bord de route. N’attendez pas de sophistication : attendez de la viande grillée au feu de bois, des ibériques de la sierra et un rapport qualité-prix qui ailleurs serait impossible.

Jour 2 : Grazalema et Zahara de la Sierra

Depuis Arcos, la route A-372 s’enfonce dans le Parc Naturel de la Sierra de Grazalema. Le paysage change radicalement : les campagnes cèdent la place aux montagnes, les oliviers aux chênes-lièges et aux sapins d’Espagne.

Grazalema est le village de montagne par excellence. Les maisons ont des toits à deux pans —ici il pleut vraiment, plus de deux mille litres par an— et les rues sentent le bois de cheminée en hiver. La place d’Espagne, avec l’église baroque de l’Aurora, est le centre d’un village qui vit de la randonnée et du tourisme rural.

Si vous aimez marcher, la ruta del Pinsapar est l’excursion vedette : un parcours circulaire d’environ cinq heures qui traverse une forêt de sapins d’Espagne, une espèce de sapin préhistorique qui ne pousse qu’ici et dans certaines zones du Rif marocain. Vous avez besoin d’un permis, qui se demande gratuitement au bureau du parc naturel. En haute saison, il faut le demander des semaines à l’avance.

À vingt minutes en voiture se trouve Zahara de la Sierra, un village qui semble accroché au flanc de la montagne comme avec du velcro. La tour de l’hommage du château nasride se découpe contre le ciel au sommet du cerro, et le barrage de Zahara-El Gastor, à ses pieds, reflète le village et la sierra comme un miroir. La montée au château est raide mais courte (une vingtaine de minutes). Les vues d’en haut justifient l’effort.

Jour 3 : Setenil de las Bodegas et Olvera

Setenil est le village le plus singulier de la route et probablement de toute l’Andalousie. Ici, les maisons ne sont pas sur la roche mais en dessous. Un énorme surplomb de travertin pend au-dessus des rues principales —Cuevas del Sol et Cuevas de la Sombra— et les habitations s’encastrent littéralement sous la pierre, qui fait office de toit naturel.

Cuevas del Sol reçoit le soleil direct pendant la majeure partie de la journée (d’où son nom). Cuevas de la Sombra, de l’autre côté de l’à-pic du río Trejo, est à l’ombre quasi permanente. La sensation en marchant sous le surplomb rocheux est étrange : vous savez qu’il ne va pas tomber puisqu’il est là depuis quelques millions d’années, mais l’instinct vous dit le contraire.

Setenil a la réputation d’avoir de bons bars à tapas. La rue Cuevas del Sol est remplie de terrasses installées sous la roche. N’importe lequel de ces bars sert des charcuteries de la région et de bons vins du pays.

À quinze kilomètres au nord se trouve Olvera, un village moins touristique mais avec une silhouette imposante : château arabe sur un cerro, église néoclassique, et une mer d’oliviers dans toutes les directions. Le sanctuaire d’Olvera est celui de la Vierge de los Remedios, un ermitage avec des vues qui, les jours clairs, portent jusqu’à la sierra de Grazalema.

Jour 4 : Vejer de la Frontera et Medina Sidonia

Vejer est le bouquet final parfait de cette route. Si Arcos est le plus spectaculaire et Setenil le plus singulier, Vejer est le plus beau. Le centre historique, parfaitement conservé, s’enroule autour d’une colline en un écheveau de rues étroites, d’arcs en plein cintre et de façades blanchies à la chaux avec des pots de géraniums.

La Plaza de España de Vejer est l’une des plus belles places principales d’Andalousie. Fontaine centrale en azulejos sévillans, palmiers centenaires, arcades où les anciens du village jouent aux dominos. Dans les bars de la place, on déguste des tapas au thon de madrague et au vin du pays.

À une demi-heure au sud, en direction de la côte, se trouve Medina Sidonia, un village qui conserve le tracé de l’ancienne colonie romaine d’Asido Caesarina. L’ensemble archéologique romain, avec ses égouts du Ier siècle apr. J.-C. —parfaitement praticables— est l’une de ces raretés que l’on ne s’attend pas à trouver dans un village blanc de Cadix. La visite guidée dure environ quarante minutes et est l’une des choses les plus intéressantes de la région.

Conseils pour la route

  • Voiture : Indispensable. Les transports publics entre ces villages sont rares ou inexistants. Les routes de la sierra sont bonnes mais étroites et sinueuses, alors si vous avez le mal des transports, conduisez celui qui supporte le mieux les zigzags.
  • Où dormir : Arcos et Grazalema ont plus d’offres. Vejer et Zahara aussi mais moins. Réservez à l’avance au printemps et en automne, qui sont la haute saison de ce type de tourisme.
  • Quand y aller : Printemps (mars à mai) et automne (octobre à novembre). En été, il fait chaud mais cela reste supportable grâce à l’altitude de la plupart des villages. En hiver, Grazalema et Zahara peuvent connaître des gelées.
  • Durée : Trois ou quatre jours. Avec moins, vous êtes à la course.

Si vous voulez compléter la route par la province, consultez le guide complet de Cadix. Et si ce type de villages de charme vous intéresse, le guide de Jaén avec Úbeda et Baeza vous plaira aussi.